La guérison par le lien : les 7 blessures en transformation dans l’alchimie du lien thérapeutique

Mon propos ici n’est pas de détailler comment ces blessures peuvent agir dans notre vie, certains excellents auteurs comme Lise Bourbeau (« Les cinq blessures qui empêchent d’être soi-même ») entre autres se sont attelés à cette tâche.

 

Je souhaitais ici décrire comment, selon mon expérience, ces blessures peuvent s’exprimer au sein de ce lien précieux qu’est le lien thérapeutique qui sert alors de lien guérisseur.

 

Grâce à la qualité du lien thérapeutique, il est possible de rentrer dans un processus alchimique profond.

 

Avez-vous remarqué comme il est rare dans la vie quotidienne de rencontrer une personne qui vous fait ce don précieux de rentrer en lien véritablement, sans vous imposer ses projections issues  de ses propres blessures ?

 

Dans le domaine thérapeutique, nous vivons une époque de multiplication des méthodes en tous genres qui sont pour la plupart pertinentes sur la partie qu’elles traitent.

 

Cette multiplication est à saluer car elle signifie que de plus en plus de personnes d’intéressent  à la guérison et vont dans le sens de l’augmentation du taux vibratoire de la planète.

 

Là où ça se corse c’est quand nous utilisons ces méthodes comme des fuites qui nous servent à ne pas entrer dans ce processus alchimique extraordinaire qu’est le lien thérapeutique.

 

J’ai moi-même longtemps pris autrefois cette fuite qui me permettait, sans que je n’en aie aucune conscience, de fuir ce lien qui me faisait si peur.

 

Cela ne veut pas dire que les outils ne soient pas utiles, j’en utilise moi-même :   cela signifie simplement qu’ils peuvent parfois servir, pour le thérapeute comme pour la personne accompagnée, à fuir ce lien si effrayant.

 

Ce qui à première vue peut apparaître comme « le nouvel outil magique » qui va nous faire gagner des années d’avancement a alors l’effet inverse ! Il devient comme une sorte d’eldorado qui nous ramène finalement là où nous étions avant, avec un désespoir encore plus grand de celui qui a l’impression d’avoir tout essayé et que rien ne marche !

 

Si, au contraire, le thérapeute a lui même rencontré  et transformé ce qui, dans son histoire, lui a fait prendre des distances avec le lien, il peut alors proposer une écoute bienveillante alchimique favorisant la prise de conscience, chez la personne qui consulte, de ce qu’elle projette inconsciemment sur ce lien et sur les liens en général ainsi qu’une écoute profonde des émotions qui la traverse.

 

J’ai choisi ici de détailler comment chacune des blessures fondamentales peuvent marquer le lien de leur empreinte déformante.

 

J’en profiterais aussi pour détailler comment elles interviennent également dans le processus de développement personnel même.

 

C’est un article qui peut aider à provoquer des déclics et favoriser une compréhension mais qui ne se veut pas exhaustif.

 

Je donnerais juste une petite indication en début de chaque paragraphe sur ce qu’est la blessure et comment elle a pu se mettre en place dans l’enfance, même si ça n’est pas l’objet principal de cet article.

 

Il est important aussi de savoir que les blessures forment comme un maillage entre elles et que nous pouvons en avoir vécu plusieurs !

 

Il existe plusieurs classifications. Je me suis inspirée ici de celle de Louis PAREZ, le créateur de la Phénothérapie.

 

 

 

La blessure de maltraitance

 

Nous portons cette blessure lorsque nous avons été maltraités physiquement ou psychologiquement.

 

La maltraitance n’est en effet pas que physique : un parent qui laisse son enfant seul trop petit ou qui ne le soutient pas quand il est malade est aussi maltraitant.

 

Dans le cadre du processus thérapeutique, cette blessure va souvent agir en mettant une pression forte à la personne qui la porte qui pourra dire en consultation «  je n’avance pas, je suis encore retombée dans le même panneau, j’ai encore pleuré hier…. »

 

La personne concernée n’a souvent aucune idée de comment se donner de la bienveillance à elle-même et elle se maltraite aussi sur le chemin du développement personnel en se mettant une pression d’obligation à avancer.

 

Il sera alors important qu’elle puisse observer avec bienveillance tout le chemin qu’elle a déjà parcouru et qu’elle puisse avoir le reflexe d’aimer profondément chacune de ses blessures et de ce qui lui semble se présenter comme une régression.

 

Elle pourrait aussi avoir tendance à mettre en place des rituels et pratiques spirituelles qui l’obligent à se lever très tôt le matin par exemple alors même qu’elle aurait eu envie ou besoin de plus dormir par exemple.

 

Dans la relation thérapeutique elle peut projeter la malveillance sur le thérapeute en ayant peur que celui-ci lui fasse « payer  des représailles» pour un décalage de rendez-vous pourtant fait dans les temps par exemple.

 

Elle pourrait aussi arriver souvent en retard à ses rendez-vous comme si elle ne pouvait pas s’accorder ce temps pour elle-même, une manière encore de ne pas se redonner cette bienveillance vis à vis de soi.

 

Il peut lui être difficile de faire confiance profondément au côté bienveillant de son thérapeute.

 

Un lien thérapeutique bienveillant, sans attente de résultat, sans pression et dans une écoute subtile et vibratoire de cet enfant maltraité à l’intérieur du consultant favorisera le processus de transformation.

 

La blessure de rejet

 

La blessure de rejet peut provenir de la vie intra-utérine (non désir d’enfant ou d’un enfant d’un autre sexe), de la naissance, d’une attitude parentale ou des frères et soeurs rejetants dans l’enfance ou encore  d’épisodes mal vécus à l’école ayant laissé des traces.

 


 Le transgénérationnel peut également avoir gardé des traces de traumas en lien avec le rejet (racisme, famille rejetant un des leurs car il ne fait pas le bon mariage…)

 

Il arrive souvent que les parents soient dans un rejet d’eux-mêmes se manifestant par un rejet de leurs propres émotions et qu’ils soient donc incapables d’accueillir les émotions de leurs enfants.

 

Les personnes porteuses de cette blessure peuvent avoir des difficultés à se relier à leurs émotions qu’elles rejettent sans même s’en rendre compte.

 

Elles peuvent venir en thérapie dans l’intention de se transformer tout en restant accrochées à leur mental comme à une bouée de sauvetage et cette partie là d’elle a besoin d’être aimée par le thérapeute.

 

Elles peuvent avoir tendance à rejeter des propositions faites par le thérapeute ou des tentatives de les amener à reconnaître des parties ombres et autres émotions leur appartenant, comme si au fond elles n’avaient pas le droit.

 

Elles peuvent même faire en sorte que le thérapeute se sente rejeté en passant la séance à faire l’éloge d’un autre thérapeute ou d’une autre méthode, sans même en avoir conscience.

 

Il est bien sûr important du côté du thérapeute de ne pas le prendre cela pour soi et de pouvoir, au fur et à mesure que la confiance thérapeutique s’installe, mettre en lumière ce fonctionnement que la personne met en place inconsciemment dans toutes ses relations, en gardant une attitude particulièrement accueillante.

 

Ces personnes pourraient aussi avoir tendance à fuir la thérapie au moment même où les carapaces qui protégeaient leurs émotions commençaient à fondre.

 

Il sera important pour elles d’observer à quel moment elles bloquent une émotion qui commence à se former et de les aider à rester en lien profond avec leur corps pour ressentir le moindre soubresaut émotionnel.

 

La guérison de cette blessure passe par l’accueil inconditionnel des différentes parties de soi se présentant au fur et à mesure avant de pouvoir accueillir celles des autres les autres et ne plus garder cette hyper sensibilité au rejet provenant du monde extérieur.

 

 

La blessure d’humiliation

 

On retrouve souvent avec cette blessure un trans-générationnel porteur d’une honte.

 

La personne a pu également être humiliée directement de manière sexuelle ou verbale et avoir aussi capté la honte de ses parents, d’autant que des parents porteurs d’une honte vont parfois avoir tendance à la refiler à leurs enfants comme une « patate chaude ».

 

Il sera difficile pour cette personne de se respecter et elle pourra aussi parfois sans s’en rendre compte  avoir des difficultés à respecter les personnes autour d’elle.

 

Cela pourra se jouer, dans le lien thérapeutique, par des séances oubliées ou sans cesse décalées liées au fait que la personne concernée ne se respectant pas pourra avoir des difficultés à mettre des limites aux autres (patron, partenaire…) se retrouvant à décaler ces précieux rendez-vous avec elle-même.

 

Elle pourra aussi avoir peur de livrer en thérapie certaines parties de son histoire de peur d’être jugée et de se retrouver honteuse.

 

Le cadre sera très important pour elle afin qu’elle puisse sentir que chacun à le droit de se respecter et de ne pas subir les plannings et changements des autres. Le respect que le thérapeute se donnera sera comme un modèle et un exemple qui lui prouvera que c’est possible de ne pas « subir » la non organisation ou les désirs et mouvements des autres.

 

Ainsi il lui sera possible de quitter la suradaptation pour entrer dans une reconnaissance profonde de son espace et de ses besoins.

 

Il sera important pour elle de pouvoir s’arrêter sur des paliers de guérison et de prendre le temps d’être fière du chemin déjà parcouru, ce qui remplacera sa tendance naturelle à la honte (après avoir été accompagnée dans la reconnaissance et l’écoute vibratoire de sa honte bien sûr).

 

La blessure de trahison

 

Cette blessure se développe quand l’enfant vit avec des parents en qui il ne peut pas faire confiance.

 

Ce peut être des parents qui font passer le qu’en dira-t-on avant les besoins de l’enfant ou qui se mentent à eux-mêmes ainsi qu’aux autres. Cela peut passer par des parents qui font une activité professionnelle qu’ils n’aiment pas, qui ne reconnaissent pas leurs penchants sexuels ou qui ont une maîtresse ou un amant non déclaré.

 

D’un point de vue plus profond on peut considérer que tous les enfants dont les parents n’ont pas su reconnaître profondément l’essence sont porteurs de cette blessure (autant vous dire qu’elle a été vécue par beaucoup d’entre nous !)

 

Il va être très difficile pour des personnes porteurs de cette blessure de rentrer dans le lien thérapeutique.

 

Tout adulte responsable peut être considéré par leur inconscient comme un traitre et un menteur. Que la personne qui consulte affiche consciemment une attitude de confiance ou de méfiance, son inconscient, lui, est porteur d’un enfant intérieur paniqué qui ne sait pas se faire confiance et faire confiance.

 

Il sera important de les amener à contacter leur peur d’être trahis et de les aider à reconnaître que c’est à eux qu’ils doivent faire confiance dans le travail thérapeutique et que quand ils doutent de la thérapie ou du thérapeute ils doutent d’eux (sauf si c’est justifié bien sûr) !

 

Ces personnes pourraient dans l’extrême cesser la relation thérapeutique d’un coup sous le coup d’une peur subite non justifiée et non vérifiée en lien avec un ressenti dans la thérapie.

 

Il est important qu’elles puissent exprimer leurs doutes au fur et à mesure de la thérapie et qu’elle soient accueillies  dedans par l’accompagnant ; cela pourra être très guérisseur pour elles.

 

Au fur et à mesure que la confiance thérapeutique grandira, la partir en eux porteuse de confiance pourra permettre à l’autre dans le doute de pouvoir s’exprimer et être entendue et accueillie en face.

 

Elles pourront ainsi lâcher au fur et à mesure une tendance au contrôle leur ayant servi de protection pour entrer à l’écoute profonde de leur intuition et pourvoir faire la différence entre discernement et méfiance.



La blessure d’abandon

 

Cette blessure est en lien avec un sentiment d’abandon dans l’enfance ou lié aux matrices périnatales, ayant souvent des ramifications dans l’arbre (séparations liées à la guerre, morts en bas âges…)

 

Les parents ont pu être vécus comme froids et non capables de réelle présence.

Cette blessure peut créer un grand sentiment de solitude chez la personne concernée.

 

Dans le cadre de la relation thérapeutique, il est possible que la personne ait besoin de vérifier que le thérapeute sera là malgré tout et ne l’abandonnera pas.

 

Selon les tempéraments cela peut se manifester par des appels fréquents en dehors des séances ou au contraire par des tests lancés au thérapeute de manière à vérifier qu’il est solide et continue à être là envers et contre tout (annulation de séances, retards, changements fréquents !

 

Il pourra être fort utile de mettre cela en relief avec douceur et bienveillance de manière à ce que la personne puisse comprendre la manière dont sa blessure se revit dans ses relations et pour éviter que cette partie sabote la thérapie!

 

Cette blessure peut également créer une tendance à se placer en victime dans la relation thérapeutique et il sera important d’aider la personne à retrouver son pouvoir de guérison et de l’inviter à faire sa part dans le travail.

 

L’enveloppement du thérapeute pourra être important sans toutefois rentrer dans un maternage pouvant jouer le jeu de la partie victime de la personne.

 

Le thérapeute pourra être inspiré de proposer à la personne d’écouter ses émotions depuis sa partie intacte de façon à apprendre à devenir enveloppant pour soi et non pas se confondre avec la blessure.

 

La sécurité de la relation thérapeutique liée à l’enveloppement sensoriel et à un cadre sécurisant permettra petit à petit à la personne de retrouver une sécurité intérieure et de reprendre la responsabilité face à sa vie.

 

La blessure d’injustice

 

Cette blessure est portée par tous ceux qui ont vécu des situations clairement injustes ou ayant été vécues comme telles.

 

Elle génère souvent pas mal de colère chez ceux qui la portent.

 

Le plus dur pour ces personnes va être de reconnaître une des deux illusions terrestres que sont l’illusion du contrôle et de la justice. L’idée ici étant de reconnaître qu’il n’y a pas de justice d’un point de vue terrestre même s’il y a une justice céleste qui nous dépasse (pour ceux qui adhèrent à cette croyance en tous cas).

 

Cette colère peut les faire se placer en justiciers comme si ils devaient faire justice là où la justice n’est pas intervenue dans leur vie.

 

Dans le cadre de la relation thérapeutique, ils peuvent trouver injuste d’avoir fait des années de thérapie sans parvenir à une réelle guérison et la clé sera de les aider à reconnaître à quel point ils ont vécu une injustice enfant et d’écouter et faire circuler la colère associée.

 

Ils pourront aussi trouver injuste de devoir payer telle somme pour leur thérapie alors qu’ils n’ont pas beaucoup d’argent par exemple, comme si une part d’eux portait une colère face au monde de ne pas être là pour eux.

 

Dans un groupe thérapeutique ils pourraient trouver injuste que le thérapeute leur accorde moins de place qu’à d’autres par exemple.

 

Replacer tout cela dans leur plan de vie pourra fortement les aider. Les amener à reconnaître que la justice terrestre n’existe pas mais qu’à un autre niveau tout est juste pourra être guérisseur (si ils sont ouverts à ce plan là bien sûr).

 

Ils auront besoin de quitter la croyance qu’ils sont « maudits » et que seuls les autres peuvent guérir.

 

Ils pourront ainsi quitter le rôle de celui qui doit « faire justice » pour laisser le plus vaste s’en charger et cela pourrait bien leur libérer pas mal d’énergie pour eux-mêmes !

 

La blessure de possession

 

Nous portons cette blessure quand nous avons vécu des formes de prises de pouvoir dans notre enfance (sexuelles ou psychiques).

 

Nous pouvons alors avoir tendance à prendre pouvoir sur l’autre ou à laisser notre pouvoir.

 

Dans la relation thérapeutique nous pouvons avoir une peur inconsciente que le thérapeute cherche à nous contrôler.

 

Des suggestions de rythme de séances peuvent alors être perçues comme une tentative de prise de pouvoir par exemple.

 

La personne pourra avoir du mal à se livrer de peur de perdre son pouvoir.

 

Il sera important de la part du thérapeute de transmettre des outils d’autonomie et de proposer des objectifs atteignables de façon à ce que la personne ne se sente pas engluée dans une thérapie dont elle ne sait pas si elle sortira un jour.

 

Une autre tendance du ou de la consultante pourrait être celle d’essayer de prendre le pouvoir de différentes manières sur le thérapeute de manière inconsciente.

 

Là encore cela pourra être mis en lumière dans la bienveillance par le thérapeute afin que la transformation puisse opérer et que la personne puisse reprendre son pouvoir d’action et de transformation.

 

 

La blessure d’indifférence

 

La personne qui porte cette blessure peut avoir l’impression qu’elle est comme un fantôme transparent dont personne n’a que faire.

 

Elle aura probablement grandi dans un milieu où les personnes sont trop préoccupées par leurs propres problèmes pour pouvoir lui accorder de l’énergie.

 

Elle pourra alors plaquer cela sur le lien thérapeutique et s’imaginer que les autres consultants sont bien plus importants qu’elle par exemple ou être persuadé qu’elle est ennuyante !

 

Le thérapeute aura intérêt à l’aider à mettre en lumière ses talents particuliers tout en étant investi profondément dans sa présence énergétique de manière à ce que le consultant puisse sentir énergétiquement la présence de son âme et de sa vibration particulière.

 

 

Voilà ! Chaque personne est différente et il ne s’agit là que d’indications.

 

Le lien thérapeutique devient alors une sorte de bassin de transformation sur lequel pourront au fur et à mesure pousser les fleurs de notre être essentiel…


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Commentaires : 3
  • #1

    Chantal Bonnivard (mardi, 08 décembre 2015 18:06)

    Chère Ariane
    A chaque fois que je te lis je suis touchée par ta générosité, ta vastitude, la finesse de tes analyses , ton rayonnement
    tu me fais du bien
    je t'embrasse

  • #2

    CLEMENT Ariane (mercredi, 30 décembre 2015 13:06)

    Bonjour Chantal

    Merci pour ce beau message qui me touche beaucoup même si j'ai mis du temps à répondre ! J'espère que tout va bien pour toi? Je t'envoie le soleil et la magie de la neige depuis la montagne ! Ariane

  • #3

    Jacqueline Boilot (samedi, 09 janvier 2016 22:47)

    Merci Ariane
    j'ai lu,mais je reviendrai. Deux de ces blessures surtout me concernent particulièrement. J'ai déjà les livres de Lise Bourbeau. Mais vos écrits apportent encore un plus. Merci vraiment. Je n'ai pas beaucoup de temps libre (mon travail étant encore une drogue pour panser mes blessures) mais je reviendrai ... Jacqueline de Allô Mercure